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Portraits de femmes (1/2) : Winnie Byanyima, un destin hors du commun

Le 8 mars prochain, Babyloan se mobilise pour la Journée Internationales des Droits des Femmes. En perspective de cet événement majeur, Babyloan vous propose des portraits de femmes militantes, engagées, qui font évoluer le monde. Aujourd’hui, nous vous parlons de Winnie Byanyima, directrice général d’Oxfam, première femme ingénieure d’Ouganda, diplomate, et optimiste dans l’âme. 

Winnie Byanyima, directrice exécutive d'Oxfam international

Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International

Winnie Byanyima : la force des convictions

En 1976, lorsque Winnie Byanyima arrive à l’aéroport d’Heathrow, elle ne tarde pas à être arrêtée par les forces de sécurité. L’agent de change à qui elle a demandé de changer ses trois cents dollars contre des livre sterling a immédiatement repéré que l’une des trois coupures que lui a tendues la jeune fille d’à peine 18 ans est fausse. L’agent de police qui l’interroge se rend rapidement compte qu’elle n’en savait rien : il déchire le faux billet et lui conseille de ne plus jamais accepter d’argent, à moins qu’il ne provienne d’une banque.

Le conseil est bien facile à donner, mais comme Babyloan vous en parlait un peu plus tôt, il est parfois très difficile pour les femmes d’accéder aux services financiers. La situation de celle qui, en 2013, deviendra la directrice générale d’Oxfam, est alors celle que des millions de femmes connaissent aujourd’hui. C’est celle d’une fragilité économique et sociale qui les circonscrit à des réseaux informels, et les empêche d’accéder à des services plus officiels qui les protégeraient des risques d’exploitation ou d’appauvrissement soudains.

Winnie Byanyima est aujourd’hui une femme qui a réussi, non pas en dépit de tous les pronostics, mais bien grâce à une éducation et à des valeurs inclusives. Née en 1959, elle est la fille de Mzee Boniface Byanyima, un professeur de lycée et opposant au régime brutal d’Amin Dada, et Gertrude Byanyima, une professeure des écoles, fermement convaincue de la nécessité d’éduquer les jeunes filles aux disciplines scolaires, à l’hygiène et à la gestion de l’argent. Elle a notamment caché des jeunes filles destinées à un mariage forcé au sortir de la puberté, et insiste pour que la priorité de ses enfants soient leurs devoirs.

C’est ainsi que Winnie Byanyima gardera la conviction que l’émancipation et la justice passent par l’éducation des femmes. Elle rejoint en 1976 sa sœur à Manchester, laquelle l’emmènera immédiatement s’acheter un manteau chez Oxfam – la prédestination ne manque jamais de la faire rire. Elle passe tout d’abord un diplôme d’ingénierie aéronautique, où, en pleine guerre froide, elle se voit obligée de s’ennuyer à étudier des missiles alors qu’elle rêve de concevoir des avions de ligne, ce qui ne l’empêche pas d’être la première femme ougandaise à accéder à un tel diplôme ! Elle retourne en Ouganda pendant la guerre de brousse, en 1981, et passe deux ans cachée des services de renseignement d’Amin Dada. Elle
participera à la signature des accords de paix en 1985. Après avoir obtenu un master en génie mécanique et énergétique à l’Université de Cranfield, Winnie Byanyima se tourne vers la politique intérieure. À partir de 1994 et jusqu’en 2004, elle est membre du parlement ougandais. Cela l’amène à faire partie de l’Assemblée de Constituante qui, en 1995, rédige une nouvelle constitution pour un pays marqué consécutivement par deux régimes sanglants.

C’est dans ce parlement ougandais qu’elle peut agir, pour la première fois, pour l’avancée des droits des femmes et leur intégration dans la vie démocratique. Elle fait inscrire dans la loi l’obligation d’un quota en faveur de l’élection des femmes au parlement et se bat pour que les femmes aient accès à l’éducation.

« L’émancipation économique des femmes ne se limite pas à un taux d’emploi et un salaire convenables. Cela exige que nous enlevions les barrières/freins dans les institutions publiques sur le marché afin de redistribuer aux femmes les aides non perçues, qu’elles puissent être en sécurité et en position de contrôle de leur vie, et que nous reconnaissions que les normes sociales limitent fondamentalement ce que l’on considère comme étant le rôle et la place des femmes dans la société. »

Pendant onze ans, elle milite pour que les droits et les initiatives des femmes soient soutenus. Non pas seulement mis en avant, mais ardemment mis en place – n’oublions pas que le continent africain est un exemple de matière d’inclusion des femmes dans la vie politique. Son expérience la pousse à intervenir pour les communautés locales au lieu de se concentrer sur un point de vue plus haut : elle en est convaincue, c’est par le bas que viendront les initiatives et les actions qui changeront le destin de son pays. En parallèle de son mandat, Winnie Byanyima représente l’Ouganda à l’UNESCO de 1989 à 1995.

Cependant, l’avenir ne tient pas ses promesses de jeunesse : le nouveau président Yoweri Museveni, aux côtés de qui elle s’est battue pendant de longues années et avec qui elle a grandi, abandonne peu à peu ses idéaux. Les libertés, les droits de l’homme et le panafricanisme dont il s’était fait le champion sont peu à peu délaissés et laissent place à un régime totalitaire.

S’ensuit un passage de deux ans où, elle s’engage auprès de l’Union Africaine à la tête de la Direction Femmes, genre et développement. En 2006, elle est nommée dirigeante de l’équipe Genre et développement du Programme des Nations-Unies pour le développement de 2006 à 2013. C’est bien là sa conviction que le développement et l’inclusion des populations les plus pauvres ne peut se faire sans une approche pointue des femmes. Sa mission est donc de d’étudier les impacts du réchauffement climatique, des inégalités et du développement par le prisme du genre.

« Les droits des femmes et les inégalités dans le monde sont intrinsèquement liés. Ce ne sont pas que les femmes, mais toutes leurs communautés qui se trouvent affectées lorsque la couverture en services publics est faible ou inexistante. Cependant, si vous leur fournissez à la fois l’éducation et la possibilité d’agir, elles pourront s’émanciper. C’est pour cela qu’Oxfam s’investit auprès des femmes. Nous voulons mettre les droits des femmes au coeur de notre combat, car nous savons que cela représente une chance inestimable. Mon histoire en est la preuve. »

 

winnie-main

Au-delà des diverses fonctions et postes qu’elle occupe, Winnie Byanyima est surtout une convaincue et une optimiste. Elle ne se contente pas du périmètre proposé et s’emploie à aller plus loin. Non contente d’être parlementaire ou diplomate, elle cofonde le Global Gender and Climate Alliance. Ce programme réunit 60 organisations de la société civile et institutions bilatérales et multilatérales afin que les réponses apportées aux problèmes de changement climatique et pauvreté soient non seulement adaptées aux femmes, mais soient activement en faveur de leur intégration et de la mise en oeuvre concrète des initiatives pour les femmes.

« Pas besoin d’avoir un homme tous les jours ! » s’exclame Winnie Byanyima lorsqu’on lui demande comment elle supporte de vivre loin de son mari, opposant à leur ancien ami Museveni et resté militer en Ouganda. Le plus important, c’est bien de faire en sorte que les femmes puissent s’en sortir par leurs propres moyens, à travers des moyens d’émancipation qui leur permettent de prendre en main leur destin.

Babyloan soutient cette émancipation depuis sa création et s’engage auprès des entrepreneuses du monde entier. Le 8 mars, venez vous aussi concrétiser votre engagement : nous vous réservons une surprise afin de redonner tout son sens à la Journée Internationale des Droits des Femmes.

Crédits photo : Oxfam

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4 Commentaires

  • Répondre Delaporte Denise 4 mars 2017 à 14 h 23 min

    Vraiment quel beau portait de femme En avant, les femmes!

  • Répondre Gervond 4 mars 2017 à 14 h 31 min

    Merci

  • Répondre Daniela 5 mars 2017 à 8 h 55 min

    Destin rayonnant pour cette femme : Grande chance pour elle et pour celles qui profitent de ses qualités.

  • Répondre lea Malutama lufuma 21 novembre 2017 à 14 h 25 min

    Nous estimons que l’émancipation de la femme a comme supports : l’ éducation et la justice

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