Les clientes de Cepesiu et leurs cuyes

Depuis l’Equateur, Mathilde nous envoie régulièrement des nouvelles et des portraits de micro-entrepreneurs qu’elle rencontre. Aujourd’hui, elle vous propose de découvrir les « Cuyes »…

Vous avez sûrement dû remarquer que de nombreux clients de Cepesiu élevaient des animaux comme des poules, cochons, lapins et… des cuyez ! D’autres clients les cuisinent même dans leurs petits restaurants . . . Aujourd’hui, après quelques mois passés ici en Équateur, je peux enfin répondre à votre question : mais qu’est-ce que le cuy ???

Le cuy est un rongeur originaire de la zone andine qui comprend la Colombie, l’Equateur, la Bolivie et le Pérou. Lorsque les premiers occidentaux sont arrivés en Amérique, ils surnommèrent cet animal le « cochon d’inde». En Amérique Latine, son nom provient du Quechua, et représente le bruit émit par le petit animal: cuy-cuy (je vous laisse imaginer ces sons…). Après la conquête de l’Amérique, on exporta l’animal qui est aujourd’hui connu mondialement comme un animal domestique,  alors que dans les Andes il continue d’être un animal culturellement important.

Premièrement, les populations andines mangent beaucoup de cuyes, car il constitue un aliment à haute valeur nutritionnelle (riche en protéines), et contribue ainsi à la sécurité alimentaire de la population rurale à très faibles revenus. C’est pourquoi le cuy se cuisine depuis les temps pré inca. La plupart du temps le cuy est rôti à la broche. Mais de nombreux restaurants, en Equateur et au Pérou, se sont spécialisés dans les diverses recettes cuisinées à base de cuy. Aujourd’hui on sert même du cuy dans de grands restaurants étrangers, aux Etats-Unis, au Japon ou en Chine par exemple.

Cependant, le cuy n’est pas seulement l’ingrédient de délicieuses recettes sud américaines, mais également une élément faisant partie de la médecine traditionnelle. « La limpa » (« nettoyage ») du cuy est un processus thérapeutique, de diagnostic et guérison de maladies, basé sur la croyance que l’organisme du cuy contracte les maladies du patient. Quel est le processus? Premièrement le guérisseur prend le petit animal et le passe sur le corps du patient, à 5cm de la peau de ce dernier, tout en étant très attentif au comportement du cuy. Généralement, « la limpa » s’accompagne de chants et prières du guérisseur. Il convient de signaler que parfois le cuy décède pendant le processus, ayant souvent contracté la maladie du patient. Puis l’animal est sacrifié et ses entrailles examinées afin d’identifier ses maladies. Ainsi, ausculter le cuy revient à ausculter le patient. Bien que ces pratiques ancestrales puissent paraître très bizarres pour certains d’entre vous, il est très fréquent de constater que le diagnostic se révèle juste! Dans la culture andine cette « limpia » permet de retrouver l’harmonie et l’équilibre avec la nature, sa communauté, sa famille, et soi même.

Enfin, le cuy représente également dans la culture andine un présent et un symbole de réciprocité. Pour les Otavaleños, une communauté de la partie nord des Andes équatoriennes, lorsque l’on demande la main d’une demoiselle, la tradition veut que les parents du fiancé apportent à la belle famille 12 cuyes et 12 poulets, afin de nouer de bonnes relations entre les deux familles. La tradition vante également les pouvoirs aphrodisiaques du cuy…

La place importante du cuy dans la culture andine explique pourquoi la production de cuy est tant présente en Equateur. Mais cette production est également importante car la vente de cuyes représente une ressource financière pour de nombreuses familles équatoriennes, cet élevage étant simple et rentable.

Pour toutes ces raisons, le petit animal a toujours constitué un élément inévitable du foyer du paysan andin. Dans les communautés rurales équatoriennes les paysans élèvent les cuyes dans la cuisine. Lorsque les cuyes sont élevés pour la vente, alors les paysans tentent d’améliorer les pratiques d’élevage. C’est le cas de nos 3 clients CEPESIU, en ligne sur le site Babyloan, qui font partis de ces petits producteurs équatoriens de cuyes. Ils élèvent les bêtes dans des cages ou enclos, à l’extérieur du foyer. Ces trois éleveurs vivent à Riobamba, dans la province du Chimborazo, où se trouve le volcan du même nom, volcan le plus haut du monde (6 268 m). Tous ont appris à élever les cuyes avec leurs parents, car cette activité se pratique en famille et se transmet de génération en génération. Par exemple, les fils de Patricia Eulalia aident leur mère à s’occuper des cuyes, le soir, après leur journée de cours.

Ces éleveurs vendent les cuyes au marché central de Riobamba, nommé « el mercado oriental ». Dans ce marché s’est constituée une véritable chaîne de vente. Les nombreux petits éleveurs de Riobamba se sont rassemblés en association pour vendre aux petits commerçants minoritaires, qui achètent les cuyes pour les vendre ensuite en dehors de la ville, dans d’autres secteurs ruraux, dans des villages isolés. Sur ce marché, les cuyes se vendent entre 4$ et 8$, au comptant.

N’hésitez pas à aider le jeune José Wilfrido de 23 ans de Chimborazo et qui élève cuyes et lapins, Patricia Eulalia mère de famille qui vend des cuyes sur les marchés de Riobamba, ou encore Amparito qui vient d’acheter 15 cochons d’inde pour développer son activité !

You are not authorized to see this part
Please, insert a valid App IDotherwise your plugin won't work.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>