L'équipe

Haïti, les jours d’après !

Nous étions tous rivés sur nos écrans lorsque cette tragédie est intervenue, le « 12.01 », « The Big One » Haîtien ! Ce tremblement du siècle a touché une population déjà considérée comme l’une des plus démunies de la planète. l’avant ressemble à un paradis à coté de sa situation d’aujourd’hui. C’est accueillis chez ACTED à Port aux Prince que nous vous adressons ces quelques notes.


L’arrivée sur Port au Prince ne trompe pas, les collines alentours, déboisées nous renvoient avant toute question de secousse au désastre écologique capitalisé par ce pays depuis des années. la différence cette fois c’est que l’approche par les airs révèle à présent une multitude de petites tâches bleus ou grises qui pullulent sur tout le territoire visible: les camps.

Au sol, le désastre inqualifiable; une maison sur deux n’est plus viable, les autres ne valent guère mieux. On vit dehors par peur de répliques ou par insalubrité de l’habitat. Les maisons ont été marquées d’un label de salubrité: rouge à démolir, jaune à réparer, vert viable, sans doute un tiers de chaque sur PAP, le sobriquet de Port au Prince, 80% de rouge sur Léogane, l’épicentre su séisme.

Entre 2 500 000 et 3 000 000 de personnes habitent Port au Prince et l’on estime à 1 600 000 personnes qui n’ont plus accès à leur logis, vivant en camps ou parties vivre plus loin, chez des proches ou des parents. Le Nombre de morts n’a cessé de monter depuis ce jour tragique. les chiffres de 250 à 300 000 morts circulent partout. En ce jour de Coupe de France, l’équivalent de trois Stade de France bien remplis. Mais les chiffres et les images ont-ils encore du sens…

Ici, ce qui impressionne au delà des innombrables immeubles écrases, ce sont les pierres et les gravas, PAP comme les autres villes touchées est constellée de tas de pierre et de monticules de gravas. Il y en a partout, poussière, béton et ferraille font office de trottoirs et les premières pluies ont transformé les rues en torrents de boues..la circulation de la région bat au rythme des gravas, les éviter sans cesse, les contourner ou les frôler, ils sont partout.

Le cimetière à ciel ouvert n’est pas encore refermé. Les cimetières d’ailleurs se sont effondrés eux aussi. Les bâtis écroulés font progressivement l’objet de déblayages, il en est tant que la mission parait impossible et les emplacements nettoyés si dérisoires. Les quelques maisons en cours de déblaiement dévoilent parfois encore les macabres restes de leur occupants de l’époque, surpris comme tant d’autres et comme au jour du Tsunami par un événement qu’ils n’imaginaient pas possible chez eux, beaucoup ne sont pas sortis ne sachant ce dont ils s’agissait.

Traumatisme psychologique ou réelle impossibilité, la grande majorité de la population de PAP s’est relogée sous tentes et sous bâches, il en est partout, devant les bâtisses lézardées, sur les places de marché, sur la place du palais présidentiel aplati ou sur les stades de foot, le moindre espace disponible, le moindre recoin en est occupé. Oserait-on dire que les populations des campagnes sont privilégiées, sans doute, leurs camps sont plus aérés, accessibles et moins sales…les habitants des bidonvilles ont eux aussi – et pour une fois – moins soufferts, on ne meurt pas d’une tôle ondulée reçue sur le tête.

On découvre aussi les camps fantômes, par effet d’opportunité certains habitants ont crée de faux camps de tentes ou plusieurs tentes dans leur camp pour profiter des distributions opérés par les ONG à chacune des tentes, le drame est tel, comment les en blâmer?

Sur le terrain les ONG sont là, indispensables, près de 1000 semble t-il venues du monde entier, leur staffs épuisés sillonnent villes et campagnes, gèrent les camps, l’assistance médicale, le « cash for work », les distributions… La solidarité internationale est à la fois si impressionnante et si dérisoire au regard des besoins.

La vie reprend difficilement son rythme à PAP, et le deuil n’est pas encore fait de cette catastrophe. Partout, dans les rues, sur les voitures des fresques et des slogans historiques à la gloire de Dieu et de Jésus, depuis peu des tags d’appel à l’aide sur les murs…

Billet précédent Billet sivant

Vous Pourriez Aimer

1 Commentaire

  • Répondre Haïti : 4 ans après le séisme | AlloProd 22 octobre 2014 à 14 h 41 min

    […] Haïti, les jours d’après ! VN:F [1.9.22_1171]Note : 0.0/5 (0 votes) […]

  • Laisser un commentaire


    *