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À quoi peut ressembler la microfinance en… 2025 ?

Dans un article précédent, Babyloan vous parlait de l’inclusion financière des femmes à travers le monde. Aujourd’hui, nous avons décidé de nous intéresser à l’avenir de l’inclusion financière à travers le monde, et aux enjeux majeurs de cette thématique. Une nouvelle publication du CGAP (Consultative Group to Assist the Poor) explore les défis majeurs d’un mouvement mondial, pour un accès global aux services de développement à l’horizon 2025.

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Grâce à une série d’ateliers à Accra, Bangalore, Londres et Washington, toutes sortes de scénarios ont été envisagés et discutés. Pour cela, il a fallu prendre en compte les évolutions des technologies numériques, les mouvements de la mondialisation, le réchauffement climatique et les conflits armés à travers le monde. Cela a ainsi permis d’identifier les aires de changement les plus importantes et les plus stratégiques afin de poser les bases d’un accès aux services financiers adaptés aux populations pauvres dans un contexte en évolution permanente.

Les grandes tendances de l’inclusion financière :

On peut distinguer trois éléments majeurs, étroitement corrélés, qui sont au cœur de la participation des populations défavorisées à la vie économique. Ces éléments sont les suivants :

L’accès à la technologie : lors des quatre ateliers, il est ressorti que le développement et la démocratisation de la technologie permettront un accès simplifié et plus accessible aux services financiers. Cette perspective est certes très encourageante, mais il ne faut pas oublier que certaines populations (habitants des zones rurales, femmes, foyers très défavorisés) peuvent encore en être exclues de fait. Ces moyens ne sont conçus que pour certaines couches précises de la population, notamment les urbains, et ils ne sont pas pensés en fonction des besoins des populations pauvres et rurales.

La mondialisation : les tendances actuelles indiquent un changement de rythme : en effet, les flux de commerce et de la finance sont à la baisse dans le monde, tandis que le volume des données échangées entre les pays est en hausse spectaculaire. Le développement des plateformes numériques change les comportements du commerce entre pays, ce qui permet de créer de nouvelles opportunités d’emploi dans les économies locales. Ainsi, il est ressorti de ces échanges qu’à l’échelle mondiale, la digitalisation des pratiques du commerce aura un impact majeur sur la vie des populations défavorisées en 2025. En revanche, les participants ont exprimé leur incertitude quant aux conséquences de cette transformation dans les pays du Nord : les changements politiques récents semblent ainsi indiquer une montée des sentiments anti-mondialisation et contre le libre-échange.

Les migrations : selon les participants, il semble essentiel de constater que la mondialisation ; le réchauffement climatique ; les évolutions démographiques ; les attentes des populations en matière de développement, sont autant de facteurs qui participent de l’accélération de l’urbanisation et des migrations entre les pays. Cependant, les participants ne sont pas certains que les gouvernements soient capables de mettre en place les infrastructures nécessaires afin d’accompagner les villes en expansion, ni que les pays du Nord soient capables d’intégrer l’arrivée des migrants à leurs économies respectives.

D’autres éléments (le réchauffement climatique, l’explosion des conflits armés dans le monde et les évolutions du mode de travail) ont également été explorés à divers degrés. Il semblerait qu’ils jouent également un rôle important dans l’inclusion financière car ils sont étroitement liés aux trois facteurs évoqués précédemment. Ainsi, le réchauffement climatique et les conflits armés poussent aux migrations, tandis que la nouvelle place des activités numériques modifie en profondeur la nature du travail.

 

On voit ainsi que de multiples enjeux sont liés aux évolutions de l’inclusion financière à travers le monde, et qu’il est difficile d’isoler une cause première et fondamentale. Bien qu’indissociables, ils peuvent cependant permettre d’apporter des pistes et éléments de réponse quant à ce que nous réserve l’avenir pour l’inclusion financière. Dans un prochain article, nous exploiterons ces conclusions et les discussions qui se tiennent actuellement et cherchent chaque jour à participer à la construction d’une finance  créatrice d’emplois et de revenus, accessible pour toutes les populations, au premier rang desquelles les populations défavorisées et n’ayant pas encore accès à des services financiers traditionnels.

Source : CGAP

Crédit Photo : Mathieu TORDEUR

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