Social business & nouvelles solidarités

Le web, un nouveau parti politique ?

Que le web soit considéré comme une nouvelle force politique, cela n’est pas nouveau… mais elle semblait être jusqu’alors celle du peuple, de la voix (ou voie -ça marche aussi) citoyenne.
Et c’est d’ailleurs ainsi que se décrit le Web. C’est ce qui explique la force et la beauté de l’outil et justifie l’espoir qu’il peut susciter pour les plus exclus, même si la route de l’égalité numérique est encore longue.

Or s’est tenu hier le E-G8, un rassemblement – souhaité par Nicolas Sarkozy- des grands gourous du Web tels que Mark Zuckerberg (Facebook), Jimmy Wales (Wikipedia), Eric Schmidt (Google), Jeff Bezos (Amazon).

Certes, ces derniers sont plus experts et donc plus à même que l’internaute lambda de tracer  dans les grandes lignes les perspectives d’avenir du web, mais reproduire les schémas traditionnels de prise de décision des sphères politique et économique n’est-il pas inapproprié pour la sphère Web ?… surtout si l’on considère que ces grands manitous ne sont même pas des élus du peuple ? Les débats sur le prix de la propriété intellectuelle sur le Web en sont une  illustration parfaite !

Le Forum Social, émergeant de la vox populi, n’est-il pas une réponse au Forum Economique de Davos parce que celui-ci excluait le plus grand nombre pour ne réunir que les élites? Ne répétons pas l’histoire en créant un « G8 select » autour d’un outil se voulant ouvert à et pour tous?

Peut-être n’est ce qu’une histoire de « dénomination » du forum, mais l’appeler le E-G8 peut mettre de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’il n’est qu’un moyen pour les gouvernements de prendre le contrôle de l’Internet et de l’instrumentaliser. A en lire l’ordre du jour, il semblerait en effet plus orienté vers l’économie débattue entre milliardaires que de plateforme de débat tournée vers les usagers.

N’est-on pas en train d’  « élitiser » l’outil se voulant le plus formidablement démocratique et le plus efficace de l’action collective citoyenne ? Ne nous faisons-nous pas déposséder de notre nouvel instrument politique qui s’ajoute (se substitue ?) au vote dans les urnes de plus en plus boudé par les Français ?

Sous-jacente à cette question, se pose surtout celle de l’utilisation que nous faisons du Web. Comme le dit Eric Schmidt, précédemment cité, « le monde crée désormais autant d’informations en 2 jours que ce qui a été créé entre sa création et l’année 2003 » et Internet s’en fait l’écho des millions de fois. Les réseaux sociaux sont devenus aussi bruyants et encombrées que le périphérique Porte d’Orléans un vendredi soir de départ de vacances.  Dans ce chaos, comment s’y retrouver ? Comment faire émerger dans ce brouhaha une ou plutôt plusieurs –et c’est là la force du Web – voix citoyennes ?

Comment organiser la force politique que nous offre le Web ? Je n’ai malheureusement pas la solution à vous apporter mais vous invite à réfléchir à cette question qui nous permettrait certainement de réellement maîtriser le web…et surtout d’en rester maître.

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