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Emmanuelle, une babyloanienne en visite au Vietnam.


A la découverte des micro-entrepreneurs au Vietnam par Babyloan

Souvenirs du Vietnam

Par Emmanuelle

Ca y est c’est décidé depuis quelques jours, je pars seule découvrir l’Asie et pour cette première découverte, j’ai choisi le Vietnam. Un peu anxieuse néanmoins, je recherche avant de partir à nouer quelques contacts pour rencontrer des gens sur place, si possible des locaux…. Je pense alors à deux micro-entrepreneuses que je finance au Vietnam sur le site de Babyloan.org. Par l’intermédiaire de Babyloan, le contact est pris avec Seda, l’IMF locale avec laquelle ils travaillent, auprès de Ha Hoang Thu, Responsable finance, et Hervé, volontaire français, qui est sur place depuis 2 mois.

Le soir de mon arrivée, effrayée par le choc culturel avec le vieux centre de Hanoi, je suis impatiente de le rencontrer. On se donne rendez-vous pour dîner. Immédiatement, il me rassure,  m’apprend à traverser au milieu d’une circulation bouillonnante, m’aide à appréhender la ville, à éviter les trottoirs trop pleins, me fait découvrir le marché nocturne, à choisir un restaurant de rue, à négocier une moto taxi,…

Le lendemain, nous nous retrouvons comme convenu à la gare de bus pour aller à Dong Anh,  à environ une heure de route. Seuls étrangers, nous inciterons la curiosité dans le bus puis tout au long de la journée: on nous regarde, nous dit bonjour, nous questionne…. Au cours de mon voyage, je retrouverai toujours avec un immense plaisir ces échanges curieux et intimidés à chaque fois que je m’éloignerai des sentiers touristiques.

Dans les bureaux de Seda, nous retrouvons Mrs Thu, qui me présente les membres présents de l’équipe, des femmes uniquement, car elles ont souvent un meilleur contact avec les micro-entrepreneuses qui sont également plus souvent des femmes. Elle nous servira de guide et d’interprète dans les familles auxquelles nous rendrons visite.

Nous allons tout d’abord chez Huong Lai Thi, 24 ans, qui a créé un commerce de plats préparés. Elle nous reçoit chez elle avec son mari. Nous sommes tous un peu intimidés et Huong préfèrerait suivre son feuilleton à la télé. Puis quand je lui montre une copie de sa photo sur le site de Babyloan, cela les fait rire. Ils iront voir le site sur internet. Nous ne pourrons pas voir son commerce qui est à plusieurs kilomètres et l’oblige à partir très tôt le matin. Leur fille de 4 ans est gardée dans la journée. Depuis deux ans ils ne vivent plus dans sa belle-famille mais indépendamment dans cette maison de 2 pièces. Les revenus de son commerce leur ont permis de meubler la maison. Dans la cour, il y a plusieurs motos que son mari répare, et de nombreux chiens, ils ne savent pas combien. Ils se connaissent depuis l’enfance et semblent très heureux et amoureux.

Nous arrivons dans la famille de Ly To Thi à l’heure où les enfants retournent à l’école voisine après le déjeuner. Ils sont nombreux à passer devant la maison à pied ou en vélo, en uniforme avec le petit foulard rouge autour du cou. A notre insu, une bande d’enfants accompagnés de quelques mères – bébés sous le bras – nous suit à l’intérieur de la maison en construction. Puis pfff…. . , le temps de nous retourner et de saisir nos appareils photos, ils ont tous disparus… .!! Nous pensions qu’il s’agissait des deux enfants de la famille et de leurs copains mais non, juste des enfants du quartier, curieux de notre présence.

Ly est très discrète, assise derrière son mari. Après nous avoir proposé une cigarette, il va vite prendre en main la conversation et nous présenter sa maison qu’il est fier de construire lui-même. Pour l’instant, ils vivent au rez de chaussée dans les gravats, mais dans cinq mois la maison devrait être terminée. Il nous fait visiter les trois étages avec vue sur les jardins potagers et rizières, et fait les comparaisons avec la maison d’en face également en construction. C’est grâce au commerce de boucherie de Mrs Ly sur le marché d’à coté que son mari peut se permettre de construire leur maison cette fois plutôt que celles des autres.

Mes impressions ?

Des gens simples, ordinaires et heureux. Ils vivent plus pauvrement que nous mais ont l’air tellement heureux ! Si je n’étais déjà convaincue des vertus du micro-crédit, je dirais qu’il faudrait l’inventer. Ce financement, auquel je ne participe que pour quelques centaines d’euros, est une opportunité immense. Si tout le monde s’y mettait, il semble que cela ne serait pas difficile de sortir l’autre moitié du monde de la misère. Ce financement permet aux familles de développer un petit commerce, source de revenus unique ou complémentaire qui leur donne les moyens de s’installer chez eux, dans une maison qui leur appartient, ou d’améliorer l’ordinaire, de vivre convenablement, et de donner à leurs enfants l’éducation que bien souvent ils n’ont pas eu. Une excellente façon de se sentir utile !

Juillet 2011

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