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Finance solidaire, vive la Crise !

Du 3 au 10 novembre, c’est la Semaine de la Finance Solidaire. Le mois de novembre est également le mois de l’économie sociale et solidaire. Arnaud Poissonnier – fondateur de Babyloan – vous explique l’intérêt de l’épargne solidaire dans le contexte économique actuel. N’hésitez pas à consulter le site http://semaine-de-la-finance-solidaire.com pour découvrir les actions mises en place partout en France par les organismes de la finance solidaire.

Si la crise économique et financière bat son plein, la finance solidaire, elle, semble ne jamais s’être aussi bien portée, un signe des temps sans doute. Rappelons que la finance solidaire rassemble l’ensemble des activités financières à forte utilité sociale et environnementale de même que les entreprises solidaires non cotées en bourse.

En pleine semaine de la finance solidaire, portée par l’association Finansol, les chiffres parlent d’eux même, cette finance utile représentait en 2010 un encours de 3,15 milliards d’euros en France contre 2,4 milliards en 2009, soit une progression de 31% à faire pâlir d’envie la finance traditionnelle, 2011 semble ne pas contredire cette tendance.

Au delà des produits et des structures qui se développent dans cet univers, au delà des dispositions législatives qui ont ces dernières années favorisées l’émergence de cette finance utile, son émergence est aussi le signe d’une prise de conscience des investisseurs, de plus en plus soucieux de donner du sens à leur épargne et plus que jamais conscients des limites de l’action sociale et sociétale de l’État et des collectivités publiques.

Il est un autre facteur ces derniers temps qui pourraient bouleverser  plus encore la donne et entrainer une nouvelle accélération de la collecte solidaire. S’il était coutumier d’opposer finance solidaire et performance, les piètres performances des placements traditionnels sont en train de bouleverser la vision que l’on pouvait avoir des actifs solidaires, ils ne sont plus à la traîne. Faut-il rappeler que cela fait près de 10 ans que le CAC 40 stagne sur les mêmes niveaux, que les supports monétaires riment avec zéro et que les obligations d’État ne sont plus un havre de sécurité.

Les livrets d’épargne solidaire, les SICAV solidaires et autres supports de partage n’ont plus à rougir, en terme de performance, de leur ainées de la finance classique, ce qui ajoute indéniablement à leur valeur ajoutée. Des prêteurs solidaires sur Babyloan reconnaissaient récemment qu’il s’agissait là de leur meilleur placement alors que leurs autres actifs vacillaient. Cette émergence de la solidarité financière est aussi le signe de l’évolution de la mentalité des épargnants, consternés par l’image véhiculée par la finance traditionnelle, les voila qui n’hésitent plus à se tourner vers une finance plus humaine et utile, porteuse de sens et de valeurs.

Dans ce contexte et au regard des chiffres, on est un peu surpris de constater que les ces supports solidaires ne sont encore qu’assez peu distribués par les réseaux bancaires traditionnels. 50% de la collecte étant assurée par l’épargne salariale et les réseaux du Crédit Coopératif. Le potentiel de distribution représenté par les réseaux bancaires n’est pas optimisé loin s’en faut et l’on a envie de les appeler à la responsabilité. En pleine crise de confiance, n’est-ce pas le moyen de redonner du sens à leur action et leur image que de s’investir à leur tour dans la distribution massive des cette finance utile, la question est posée, elle prend tout son sens à l’heure des coupes sombres dans les budgets publics de la solidarité.

par Arnaud Poissonnier

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