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La révolution du Net Humanitaire

L’humanitaire par le net, un concept novateur qui fait son chemin sur la toile. Les ONG l’ont bien compris qui ont depuis des années développées leurs propres sites Internet truffés d’applications pour le don online. Toutes appellent au don en ligne, surfent sur la campagne ou le drame du moment. Toutes savent parfaitement utiliser le net en marketing opérationnel. Donnez votre adresse mail et le spam humanitaire vous alpague, donnez votre adresse tout court et votre boite aux lettres s’engorge. Les murs de nos enfants se tapissent de cartes et de planisphères du malheur. Nos voitures s’entichent de porteurs des clés de l’espoir…

L’humanitaire par le net, un concept novateur qui fait son chemin sur la toile. Les ONG l’ont bien compris qui ont depuis des années développées leurs propres sites Internet truffés d’applications pour le don online. Toutes appellent au don en ligne, surfent sur la campagne ou le drame du moment. Toutes savent parfaitement utiliser le net en marketing opérationnel. Donnez votre adresse mail et le spam humanitaire vous alpague, donnez votre adresse tout court et votre boite aux lettres s’engorge. Les murs de nos enfants se tapissent de cartes et de planisphères du malheur. Nos voitures s’entichent de porteurs des clés de l’espoir…

Les petites ONG, les petits projets, ceux qui souvent se meurent, ne peuvent toucher le grand public faute de budgets de communication et de marketing suffisants. J’entends ce conseil du sage Bruno « Le grand public, ça coûte très cher, économise tes centimes », et j’entends aussi en sourdine ce vieux débat sur l’efficience et le coût de cette aide « sur marketée »…prémices à un petit doute, pourtant déplacé.

Mais est ce bien le sujet ? Le marketing internet humanitaire n’est en fait qu’une déclinaison du marketing tout court, un nouveau biais de démarche et de collecte, louable certes, mais accessoire d’une méthode, pas une méthode en soi. Le Net Humanitaire dont nous parlons est tout autre chose, une déclinaison de l’humanitaire dont l’internet est la source et qui, au-delà de la technologie, apporte une innovation majeure dans l’aide aux populations en difficultés.

Une innovation technologique tout d’abord ; celle qui permet de relier les bienfaiteurs et les projets. L’émergence d’une sorte de lien direct permis par la technologie de l’information. A y regarder de plus près que proposent les plateformes humanitaires ? Elles proposent un accès quasi direct au terrain, une réduction de l’espace entre celui qui aide et celui qui reçoit. Il s’agit déjà là d’une première révolution.

Ces nouvelles plateformes sont au moins de deux natures. Tout d’abord, les plateformes de dons et de projets qui permettent à toute association ou tout porteur de projet de le faire connaitre du visiteur de la toile. Ça, c’est assez nouveau, ne plus s’appeler MSF ou MDN pour diffuser sur la toile. D’un « Equisphère », d’un « Jeveuxdoner » ou d’un « Izicollecte », c’est l’émergence de portails ouverts à tous, par nature fédérateurs de trafic, où le public n’est plus dépendant des choix et de la communication qu’on lui impose mais libre de découvrir et de choisir le projet qu’il va soutenir. Ce n’est pas le projet qui vient à lui mais lui qui va au projet, il devient maître de son choix. La plateforme va donner accès à des projets dont l’accès était difficile pour le grand public. Le projet devient plus que jamais visible.

Le chemin parcouru est grand qui permet ainsi de raccourcir la distance entre le bienfaiteur et le projet ? Il ne donne plus à une ONG pour une cause mais donne directement à un projet. La proximité ainsi permise par le net va parfois même effacer le géniteur du projet au profit d’une réalité brute : celle de l’engagement, du terrain, du projet et de ces bénéficiaires. L’Internet rapproche les hommes, il crée aussi un lien entre le bienfaiteur et les initiateurs du projet. Il va permettre au donateur de fouiller son engagement, d’en savoir plus et par lui même sur les promoteurs de son projet, il va pouvoir entrer en contact, interroger directement, conforter son choix. Il va aussi pouvoir discuter avec les autres contributeurs du projet, être maillon de l’émergence d’un réseau pour l’ONG initiatrice du projet…le communautarisme du net va permettre à l’ONG de se diffuser sans dépenser…

L’autre nouveauté, c’est celle des plateformes de prêts : l’aide humanitaire qui ne grève pas le pouvoir d’achat ! Si l’on avait vu apparaitre les premières déclinaisons du net humanitaire sur les sites des ONG, aucune n’avait imaginé que le rapport de l’argent à l’humanitaire pouvait être, lui aussi, révolutionné. Il est vrai, le contexte est particulier, celui du micro crédit…mais la méthode n’était pas évidente pour autant. Certaines ONG de micro crédit emboitant les pas – en France y compris – de leurs grandes sœurs, n’avaient eues d’autres reflexes que de proposer le traditionnel don du grand public pour financer leurs programmes ou leur frais de structure. Que s’est il passé dans la tête de cet américain le jour ou il planta le décor de son idée. On prête en bas, dans le sud à des bénéficiaires de micro crédit, pourquoi ne leur prêteraient-on pas en haut, au niveau des bienfaiteurs ?…Que n’y avait-on pas pensé plutôt. On lui prête, je lui prête, incroyable reflet de l’humanitaire traditionnel ou l’on donne quand on lui donne. Seul le micro crédit permet cette translation, encore fallait il y songer.

Au-delà de cette évidence, la création des plateformes dites de Peer to Peer de micros prêts viennent bousculer deux piliers de l’aide au développement. Le premier, celui du don ponctuel. Quel innovation que de permettre au bienfaiteur d’affecter son aide par nature limitée en montant, à une action répétée dans le temps et donc perpétuelle. Non seulement j’aide mais j’aide sur la durée. Mon prêt à un bénéficiaire de micro crédit va se perpétuer dans le temps et lui permettre conserver la tête hors des eaux de pauvreté aussi longtemps que mon soutient se renouvellera. Le passage d’une économie d’assistance, certes louable mais éphémère, à une économie du financement de l’autosuffisance sur la durée.

Le second pilier ébranlé, c’est celui de l’anonymat. La technologie de l’information, la gestion de la donnée permise par le net va consacrer le rapprochement plus net encore du bienfaiteur et de son filleul : le parrainage y trouve là toute son expression. L’institution de micro finance, partenaire de la plateforme, se voit offerte les moyens en temps quasi réel de remonter au bienfaiteur une information sur le bénéficiaire de l’aide. Cette information permet (enfin ! diront les lassés des campagnes…) de matérialiser et de concrétiser une aide qu’en d’autres temps il n’aurait peut être pas réalisée. La question est d’ailleurs clairement posée, le bienfaiteur en mode grandes causes est-il bienfaiteur en mode parrainage, rien n’est moins sûr et c’est tant mieux pour tous. L’examen des premières études sur le visiteur des plateformes de micros prêts semblent le confirmer.

Babyloan.org est de cette veine là tout comme la dizaine d’initiatives de ce type dans le monde. Demain il en sera des centaines, fortes des succès de leurs précurseurs, surfant sur le net et sur cette révolution du Net Humanitaire : le parrainage en prêt perpétuel. Qu’on se le dise, le Net Humanitaire est une révolution en soi dans l’humanitaire.

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3 Commentaires

  • Répondre Mvele maneboulou Dominique 3 février 2009 à 8 h 39 min

    Je viens d’entrer en contact avec votre adresse dans le net. Je suis africain (camerounais) détenteur d’un projet à but humanitaire (construction de logements sociaux)dans la capital. Je cherche tous les bienfaiteurs ou parrains pouvant me permettre de réaliser ce projet. Car les conditions de logement à cause de l’extrême pauvreté que vivent nos populations est déplorable. Beaucoup vivent dans les bidons villes et vivent avec moins d’un dollar par jour. Je suis convainçu qu’avec votre aide je trouverai les personnes pouvant m’aider.

  • Répondre tio 20 octobre 2009 à 13 h 45 min

    Bonjour, je cherche un et/ou des bienfaiteurs pouvant m’appuyer à l’exécution des mes projets. Pour plus de détails une fois intéressé par cette demande, contactez-moi
    Merci

  • Répondre herbal ed 23 mars 2010 à 14 h 58 min

    Merci, très intéressant article.

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