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Les Objectifs du Millénaire pour le Développement et le microcrédit

On a beaucoup parlé des Objectifs pour le Millénaire du Développement alors voici un petit rappel qui peut vous intéresser…

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), avant qu’on les évoque la semaine dernière à propos de Convergences 2015 (forum pour des partenariats innovants dédié aux OMD), c’était aussi le sujet du film de fiction « Huit » dont on vous a parlé en 2010 ici et du Festival de court métrage citoyen « Le Temps Presse » dont on vous a parlé .
… Mais au fait, les OMD, c’est quoi ?

Que sont les « Objectifs du Millénaire pour le Développement » ?

En Septembre 2000 se tient à New York la plus grande rencontre de chefs politiques que le monde ait alors jamais connu. La 55e assemblée générale de l’ONU, préparée depuis des années, a enfin lieu : c’est l’Assemblée du Millénaire. Les leaders de 189 pays se retrouvent et décident d’adopter la Déclaration du Millénaire : un grand plan d’action relatif à la réduction de la pauvreté, au développement et à la protection de l’environnement qui s’inspire des résolutions adoptées au cours de la décennie précédente. Parmi ces engagements figurent ceux que l’on nommera les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) puisqu’un an plus tard, l’ONU présente sa feuille de route où figurent solennellement « les 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement » à atteindre d’ici 2015 :
Pour les Nations Unies, l’enjeu est alors double : il s’agit de parvenir à mobiliser la communauté internationale et de réussir à mesurer ces résultats (notamment dans les pays en développement). Pour cela, une liste officielle d’indicateurs associés aux OMD les traduits en 21 cibles à atteindre. Ces cibles sont elles-mêmes mesurables par un éventail de 60 indicateurs.

Quelle place pour le microcrédit dans les OMD ?

« Ensemble nous pouvons et devons créer des secteurs financiers susceptibles d’aider les gens à améliorer leurs conditions de vie. » Déclaration de M. Kofi Annan, Secrétaire général de l’ONU le 29 décembre 2003

Une des cibles des OMD est de « poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, réglementé, prévisible et non discriminatoire » (cible A8). Alors que la lutte contre l’exclusion financière pourrait constituer un objectif à part entière, les mesures contre l’exclusion financière n’entrent pas dans les objectifs du développement pour le millénaire. Pourquoi ?
La microfinance n’est pas un indicateur de progrès mais un outil au service du progrès. « Selon les OMD, la microfinance est comprise comme un moyen » explique l’économiste Jean-Michel Sevret. En effet, dans son rapport de 2010 sur le microcrédit, le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon explique que la microfinance « peut servir de vaste plate-forme de développement et concourir à la réalisation des objectifs pour le millénaire du développement » à condition de respecter certains principes : de petites banques locales, des services simples et accessibles, une connaissance directe et une formation du client, la transparence et la rentabilité à long terme.

Quelle est la position de l’ONU sur le microcrédit ?

L’ONU a manifesté à de nombreuses occasions son soutien à l’égard de la microfinance : Dès 1997, les nations unies avaient déjà organisé un sommet sur le microcrédit à Washington où elles s’étaient engagé dans une « campagne mondiale pour aider, d’ici à l’an 2005, 100 millions de familles parmi les plus pauvres du monde, notamment les femmes de ces familles, en leur accordant des crédits qui leur permettront d’exercer une activité indépendante et en leur offrant d’autres services financiers et commerciaux. »
Huit ans plus tard, l’ONU proclame 2005 année internationale du microcrédit. les nations unies espèrent ainsi réaliser les OMD en augmentant l’accès des ménages pauvres au crédit, à l’épargne, aux systèmes d’assurance et à d’autres services financiers et leur assurer ainsi de meilleurs moyens de subsistance.

En quoi le microcrédit peut-il participer à la réalisation des OMD ?


Aujourd’hui, les publications à propos des méthodes pour mesurer l’impact social de la microfinance sont encore plus nombreuses que les publications sur les résultats de la microfinance. Les débats sur les méthodes de calcul sont nombreuses et c’est pourquoi ceux sur les résultats le sont aussi : « L’impact de la microfinance n’a jamais été une question consensuelle » résume un atelier mené par des chercheurs sur le sujet en 2010. Le bilan de la microfinance est généralement « mitigé et hétérogène ». Les raisons de ce constat sont multiples et liées à plusieurs difficultés parmi lesquelles :
– difficulté à généraliser des données qui restent très locales (l’impact social d’une Institution de MicroFinance dépend notamment de la motivation de ses choix (qui se situent sur une sorte de graduation entre social et économique))
– difficulté à prélever l’impact direct et indirect du microcrédit au sein du circuit complexe de son utilisation par son bénéficiaire
– difficulté à mesurer le non-quantitatif (augmentation de la confiance en soi et en l’avenir, sociabilisation etc.)
Les spécialistes s’accordent cependant pour reconnaitre que le bilan de la microfinance est « globalement positif ». Le microcrédit est reconnu comme un outil permettant aux populations vulnérables de se maintenir « la tête hors de l’eau ». Il est davantage un « filet de sécurité » empêchant les populations fragiles de tomber dans la pauvreté qu’un moyen de « sortir » de la pauvreté. En effet, le microcrédit améliore la gestion des budgets familiaux et stabilise les petites activités entrepreneuriales, rendant ainsi les familles moins vulnérables

Où en est-on dans l’avancement des Objectifs?

Le rapport de 2012 sur la progression des OMD, publié en juillet dernier, fait état de beaucoup de progrès. Parmi les plus importants, on apprend que selon les dernières estimations de la Banque mondiale, 3 cibles sur 21 (à ne pas confondre avec les objectifs) sont atteintes ! Il s’agit des cibles relatives à la pauvreté, aux conditions de vie dans les bidonvilles et à l’accès à l’eau.
La cible de réduction de la pauvreté consistait à réduire le taux mondial d’extrême pauvreté de moitié entre 1990 et 2015. Ce taux de pauvreté représentait la proportion de la population vivant avec moins de 1,25 dollar par jour (seuil de pauvreté moyen des 10 à 20 pays les plus pauvres). La spectaculaire croissance économique de l’Asie explique en grande partie cette avancée qui ne doit pas faire oublier la très difficile situation dans laquelle reste l’Afrique sub-saharienne. Les inégalités dans l’avancement des pays demeurent très importantes.
Ces bons résultats ne doivent pas faire oublier non plus qu’à trois ans du bilan, 18 cibles restent encore à atteindre… Le rapport affirme pourtant qu’il est toujours possible d’atteindre tous les objectifs d’ici 2015 à condition que les États respectent leurs engagements.
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