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Mobilisons-nous pour la Grameen Bank !

La pétition mondiale lancée en octobre sur Avaaz pour sauver la Grameen  Bank stagne ! Plus de 721 700 personnes l’ont déjà signée, il ne manque plus que vous !

La Première Ministre du Bangladesh tente depuis des années de mettre la main sur la très renommée « banque des pauvres », ce qui mettrait sans doute en péril la mission sociale de cette institution. C’est pourquoi Avaaz a lancé une pétition online. Une fois les 750 000 signatures atteintes  elle lancera une « tempête médiatique » pour alerter le grand public et tenter de changer le cours des évènements.

Les dernières 28 000 signatures manquantes peinent à être rassemblées …si tous les Babyloaniens se mobilisent et invitent leurs amis et leurs familles à faire le même nous pouvons vite arriver à 750 000 signatures et permettre à Avaaz de lancer ce signal fort à la Première Ministre du Bangladesh!

Jusqu’alors, la Grameen Bank était une banque pour les pauvres et par les pauvres. 94 % de la banque était possédé par des micro-entrepreneuses pauvres empruntant à la Grameen Bank. Celles-ci étaient représentées au Conseil d’Administration par des représentantes qu’elles élisaient. Seuls les 6% restant de la banque étaient détenus par l’état. Les douze membres que formait le Conseil d’Administration – dont 9 représentantes des micro-entrepreneuses – élisaient démocratiquement le directeur général de la Grameen Bank. M. Yunus avait toujours été élu à la majorité absolue. De nombreux commentateurs disent que ce succès de la Grameen Bank aurait suscité la jalousie et la crainte du gouvernement.

Membres du Conseil d'Administration de la Grameen Bank avant le départ de M. Yunus

Après de nombreuses attaques, le gouvernement lance une offensive particulièrement violente en Mars 2011 : il limoge M. Yunus puis impose une « commission d’enquête » visant officiellement l’amélioration de la Grameen Bank.

M. Yunus s’est alors fait le porte-parole de beaucoup d’autres en déclarant sa peur de voir la mission sociale de cette banque dont il est le fondateur détruite par la volonté d’un gouvernement « corrompu ». Beaucoup de journalistes et de commentateurs ont également déclaré que cette mainmise sonnait la fin de la mission sociale de la Grameen Bank. Il est en effet important de comprendre que les craintes des défenseurs de la Grameen Bank, et a fortiori de M. Yunus, sont relatives au fonctionnement corrompu des institutions Bangladaises. Selon l’Indice de Perception 2012 de la Corruption (de l’agence de référence Transparency International), le Bangladesh est le 35e pays du monde (sur 174) où la corruption est la plus répandue.

Yunus dit regretter que les quatre membres de cette commission d’enquête -envoyés par le gouvernement- ne soient pas assez compétents pour expertiser la Grameen Bank et qu’ils ne disposent pas du temps suffisant pour une aussi importante enquête (seulement 3 mois).

« Alors qu’il existe tant de chercheurs, d’administrateurs et d’experts dans ce domaine, il est très difficile de comprendre pourquoi la responsabilité a été attribuée à des personnes n’ayant probablement aucune expérience en matière de microcrédit. À en juger par les Termes de Référence de la commission, c’est à se demander si le gouvernement ne souhaite pas entendre que la Grameen Bank est une institution mal gérée et nécessitant d’être remaniée. » a affirmé M. Yunus.

Aux dernières nouvelles, la commission d’enquête ne devrait pas tarder à rendre son verdict.

Le gouvernement n’a cependant pas attendu que la Commission d’enquête rende ce rapport redouté pour une nouvelle offensive : en Août dernier, il vote une nouvelle loi : désormais, le Conseil d’Administration de la Grameen Bank (composé majoritairement de représentantes de micro-entrepreneuses)  n’aura plus qu’un pouvoir consultatif et non plus un pouvoir décisionnaire sur la désignation de son directeur général. Le gouvernement espère ainsi contourner le refus de coopération du Conseil d’Administration actuel dans la recherche d’un nouveau directeur. Ce dernier s’oppose en effet au remplacement de leur très estimé ancien directeur M.Yunus, exclu de son poste par le gouvernement en Mars 2011.

Vous aussi, soutenez la Grameen Bank en signant la pétition mondiale.
Si chaque Babyloanien prend un instant pour le faire, nous atteindrons les 750 000 signatures et pourrons enfin envoyer ce signal fort à la première ministre du Bangladesh !

Ne laissons pas la Grameen Bank sombrer sous l’emprise d’un gouvernement corrompu.

Les dates-clés pour comprendre :

  • 1976 : Le professeur d’économie Muhammad Yunus devient le pionnier des Institutions de Microcrédit actuelles en créant la Grameen Bank (Grameen signifie « rural » ou « village »). La vocation de cette nouvelle banque est d’accorder des prêts aux exclus du système bancaire traditionnel.

    Le professeur Yunus et ses etudiants aux débuts de la Grameen Bank

  • 2006 : M. Yunus reçoit le prix Nobel de la paix pour avoir été le fondateur de cette première « Banque des pauvres » et avoir ainsi été à l’origine d’une nouvelle ère de développement du microcrédit, considéré comme un grand outil de lutte contre la pauvreté.
  • 2007 : M. Yunus émet l’idée de créer son propre parti politique – nommé « pouvoir des citoyens » -,

    Sheikh Hasina, première ministre du Bangladesh

    et dénonce la corruption d’une classe dirigeante intéressée par « l’argent et le pouvoir ». Cependant le prix Nobel renoncera à son entrée en politique au bout de quelques mois. En plus de la renommée dont jouit M. Yunus grâce à la réussite de la Grameen Bank et des autres social Business « Grameen », les observateurs mentionnent souvent cet événement comme marquant le début de la jalousie que la première ministre Sheikh Hasina entretiendrait contre M. Yunus. Cette rivalité et sa crainte de voir Yunus s’imposer politiquement expliquerait en effet les attaques répétées de la ministre envers le prix Nobel.

  • 7 Décembre 2010 : Après avoir fait énormément de bruit, les accusations à l’encontre de la Grameen Bank émises par un reportage norvégien sont démenties par le gouvernement norvégien lui-même (il était reproché à la Grameen Banque d’avoir détourné des dons).
  • L'équipe de Babyloan avant son départ pour la manifestation "human chain" en Mars 2011

  • Août 2012 : Le gouvernement impose une nouvelle loi à la Grameen Bank qui renforce le pouvoir du président de la Grameen Bank (promu lui-même par le gouvernement) en lui accordant le droit de nommer directement le directeur général de la Grameen Bank. Il s’agit donc d’une véritable atteinte au fonctionnement démocratique de la Grameen Bank puisque jusqu’alors le Conseil d’Administration élisait le directeur général. M. Yunus tire le triste bilan des répercussions potentielles de cette nouvelle loi dans un texte qui fit le tour du monde : « Today is a black day ». Il y avoue sa peine face à ce qu’il considère être l’ultime atteinte portée à la gouvernance démocratique de la Grameen Bank.

Le saviez-vous ? Arnaud Poissonnier, le co-fondateur de Babyloan, a passé une semaine avec Mohammed Yunus. Il vous l’a racontée ici ! Un joli récit à découvrir ou à redécouvrir

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