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Un babyloanien part à la rencontre de l’entrepreneur qu’il a parrainé en Equateur… et nous raconte

Thibaut est Babyloanien depuis 2 mois. Avec d’autres membres de Babyloan, il a permis à Juan Benjamin de développer sa petite fabrique de chapeaux traditionnels. Il y a quelques jours, il est parti à sa rencontre, à Riobamba, en Equateur. Voici son récit et ses photos…

A la rencontre de Juan Benjamin Guacho Yuquilema, fabricant de chapeaux, Riobamba, Equateur. Interview menée le 10.09.09. En arrivant chez Juan et son épouse Andrea dans la banlieue de Riobamba, Josefa, l’agent de crédit CEPESIU qui m’accompagne, et moi sommes très bien accueillis. Les trois se connaissent depuis l’enfance car ils ont vécu au sein de la même communauté indigena (celle de Colta, dans les environs de Riobamba).

Juan m’indique son stock de chapeaux et dans un premier temps, il semble déterminé à me trouver un chapeau à ma taille. Déçu de n’en trouver aucun qui me sied bien, je lui affirme que j’en ai déjà plusieurs, à la maison. Il me propose de revenir une autre fois pour qu’il ait le temps de m’en fabriquer un, pour moi. Malheureusement, je suis désolé de lui apprendre que je quitte Riobamba le lendemain soir. Juan n’est pas rancunier, il demande a sa femme de nous servir un soda et nous invite à nous asseoir dans une autre pièce afin d’être plus a l’aise pour discuter.

« Je fabrique des chapeaux traditionnels de la Sierra. » La population équatorienne est constituée de près de 30% d’indigenas, qui seraient les véritables descendants des premiers peuples d’Amérique Latine, la majorité d’entre eux habitent la Sierra, la région centre du pays, qui se situe sur la Cordillère des Andes. Le chapeau fait très souvent parti de l’habit traditionnel des hommes et des femmes indigenas. Juan lui, fabrique des chapeaux depuis bientôt dix ans. En réalité, il les confectionne, en leurs donnant formes et décorations. La semaine, il travaille dans son atelier, basé chez lui, ou aide sa femme à son magasin de chaussures (situé à la Condamine, un des marchés couverts de Riobamba). De temps en temps, il va à la campagne pour entretenir ses cultures d’orge et de haricots (ce qui l’amène à vendre le surplus de sa production a la Mayorista, l’un des plus grands marchés de la ville). Le week-end, il part avec son épouse à Cuenca, en bus, pour vendre ses chapeaux, car d’après lui, le marché est bien meilleur là-bas ! Avant de confectionner des chapeaux, Juan était chauffeur de bus dans la ville de Riobamba. Suite a un accident, heureusement sans gravité, il a préféré arrêter et faire un travail plus tranquille. « Au début de mon activité, je vendais 10 à 25 chapeaux par mois. » Aujourd’hui, je vends également 10 à 25 chapeaux, mais par semaine, et les revenus de l’activité sont de 300 à 400$ en deux jours de travail. Puis il faut payer le transport, la fourniture, l’alimentation. Juan et son épouse sont seuls à mener cette activité. Ils n’ont pas d’employés mais de temps en temps, leurs enfants les aident.

Ils ont encore 4 filles à charge. La plus jeune, 9 ans, est a l’école primaire, une autre est au collège et les deux autres sont à l’université. Juan et Andrea souhaitent le meilleur pour leurs enfants. « Les revenus de l’activité servent également a leurs payer des études. » m’affirme Juan. Puis il continue : « avec mon épouse, nous avons arrêté l’école au collège, il faut dire qu’à notre époque, il fallait aider les parents à la ferme. Le temps dédié aux études était alors minime voire inexistant, d’autant plus qu’on vivait dans des conditions beaucoup plus difficiles, sans électricité, sans eau courante, à des kilomètres de la ville, dans des maisons de terre. » Quand ils sont arrivés en ville pour travailler, le couple a commencé par louer un appartement. Puis en 1990, Juan est devenu propriétaire d’une maison en dur et sa famille a désormais l’eau courante et l’électricité. Ils souhaitent encore l’agrandir « pour pouvoir mieux accueillir nos enfants. » disent-ils. Juan a connu le CEPESIU par l’intermédiaire de ses deux fils qui avaient fait un crédit auprès de cet organisme quelques temps auparavant, et pour leurs propres commerces. Aujourd’hui, Juan est inscrit au CEPESIU depuis bientôt 5 ans et vient de rembourser son premier crédit, qu’il avait contracté dans le but d’acheter des fournitures. Le coût est bien moindre lorsqu’il achète en grande quantité, et de fait, le crédit l’a beaucoup aidé pour développer son activité.

Auparavant, ils avaient cherché à emprunter auprès d’une banque commerciale. Les banques n’étaient pas intéressées par son projet, trop risqué à leurs yeux, et quoi qu’il en fût, les papiers et garanties à fournir furent pour Juan et son épouse trop contraignant. Josefa m’expliquera plus tard que pour pouvoir emprunter auprès d’une banque commerciale équatorienne, il faut au moins être propriétaire de sa maison, et les deux personnes qui se portent garantes du bon remboursement doivent également être propriétaires d’une maison (entre autres garanties). Avec CEPESIU, ils entretiennent une bonne relation. L’octroi de crédit y est beaucoup plus rapide, plus facile aussi (le temps d’attente se limite à 4-5 jours jusqu’à 15 jours pour le bénéficiaire : entre la réception de la demande de crédit au bureau CEPESIU et le déboursement du montant après analyse du dossier, de la solidité du projet entrepreunarial du bénéficiaire.) Toute la famille semble avoir bénéficié du microcrédit, directement ou indirectement. Juan et son épouse souhaite que les activités de CEPESIU, et de la micro finance en général, continuent à aider les microentrepreuneurs. Avant de partir, je leurs propose de faire quelques photos dehors dans la cour ainsi que de l’atelier, d’autant plus qu’ils sont tous les deux vêtus d’habits traditionnels, ou à l’intérieur de la maison. Malheureusement, l’épouse de Juan semble être prise au dépourvu et ne souhaite pas me faire visiter la maison. Je ne peux pas lui en vouloir, j’essaie de lui expliquer que je ne veux pas les déranger plus longtemps. En me saluant, Juan m’invite à revenir le voir un jour ou l’autre pour pouvoir me faire un chapeau à ma taille.

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2 Commentaires

  • Répondre administrateur 25 septembre 2009 à 10 h 39 min

    Merci à Thibaut d’avoir fait spontanément le reporter Babyloan et de nous permettre de constater que l’aventure humaine est bien réelle ! L’équipe Babyloan

  • Répondre Citation 5 janvier 2010 à 18 h 40 min

    Une courte citation qui n’en est pas vraiment une en réalité ^^ : Bonne année et bonne continuation pour votre site

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