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Les agents de crédit, la microfinance sur le terrain

Concrètement, comment fonctionne le microcrédit sur le terrain ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet article, qui revient sur le rôle des agents de crédit auprès des micro-entrepreneurs que vous soutenez par l’intermédiaire de la plateforme Babyloan.

Crédit photo : The Green Wheels

Leur fonction est peu connue, peu évoquée ; elle est pourtant essentielle au bon déroulement des prêts solidaires que nos membres effectuent chaque jour. Agissant en début et en fin de chaîne, les agents de crédit sont les chevilles ouvrières du microcrédit. Ils établissent le premier contact avec les micro-entrepreneurs que vous soutenez, les orientent afin que leur choix se porte sur le produit financier le mieux adapté à leur situation, et, en bout de course, recouvrent le montant dû à l’institution de microfinance associée. Pour ainsi dire, leur rôle de terrain les rend indispensables.

La connaissance du terrain, précisément, est l’un des critères d’embauche fondamentaux pour les agents de crédit. En plus de faire preuve d’un tempérament d’écoute et parfois de fermeté, ceux-ci doivent en effet connaître au mieux les groupes auxquels ils s’adressent. À titre d’exemple, il arrive que les populations en manque de liquidités n’emploient pas au quotidien la langue la plus répandue au sein de l’État, comme dans le cas des communautés andines locutrices du quéchua, au Pérou. De telles circonstances imposent de savoir s’adapter.

La mission d’un agent de crédit commence donc souvent par un voyage. Les populations qui pâtissent d’un accès réduit ou inexistant aux services financiers traditionnels peuvent vivre dans des lieux reculés, où les voies de communication sont quelquefois difficilement praticables, sinon inexistantes. Dans ce genre de situation, rendre visite à la clientèle potentielle prend la forme d’un véritable périple à travers plaines et montagnes. Toutefois, beaucoup de nos IMF partenaires opèrent auprès de bénéficiaires installés en milieu urbain, ce qui réduit la difficulté de cette étape.

Une fois le trajet accompli, une phase de prospection débute. Il s’agit, à ce stade, de convaincre et d’informer les clients potentiels, qui peuvent parfois ignorer jusqu’à l’existence du microcrédit. Deux moyens sont particulièrement prisés dans le cadre de cette démarche. Le premier consiste en un simple porte-à-porte auprès des populations locales. Le second repose sur l’organisation de groupes d’information, visant à renseigner le public sur l’IMF dont l’agent de crédit fait partie, sur ses objectifs, sur les services proposés ou encore sur la microfinance en général.

Les personnes intéressées par une collaboration avec l’IMF remplissent un formulaire de demande de crédit, où elles consignent leurs informations personnelles, les dépenses et les revenus de leur foyer, le budget de leur micro-entreprise ainsi que les garanties qu’elles peuvent présenter, sous forme de biens ou de noms de tiers disposés à couvrir d’éventuels manquements. Il incombe ensuite à l’organisation de vérifier auprès des centrales de risques que ses recrues ne sont pas déjà endettées auprès de ses consœurs, et aux agents de crédit de constater l’existence effective de l’activité génératrice de revenus à l’occasion d’une deuxième visite.

Si tout est en ordre, l’agent de crédit procède à une première validation du prêt, qui sera confirmée, ou non, par le comité de crédit de l’IMF. Une réponse positive entraîne l’établissement d’un plan de déboursement. C’est en outre à ce moment que commence la mission de suivi, ponctuée d’entretiens réguliers avec les récipiendaires, qui ont lieu en général tous les sept à dix jours. Une fois l’échéance arrivée, si tout s’est passé comme prévu, un second cycle de prêt peut être enclenché. Dans le cas contraire, il est indispensable de procéder au recouvrement des sommes dues. Les agents de crédit doivent naturellement se montrer arrangeants dans ce processus, multipliant les visites pour tenter de repousser au maximum les saisies et autres mesures judiciaires.

Récemment, le métier a commencé à muer en raison de l’irruption des nouvelles technologies. Les démarches effectuées par les agents de crédit ou sous leur responsabilité le sont de plus en plus fréquemment sous forme électronique : versements, remboursements, contacts avec l’agence ou même avec les micro-entrepreneurs… Le progrès technique permettra, à l’avenir, de rendre le personnel des IMF plus autonome, de faciliter les communications avec le siège et de mieux adapter l’offre aux besoins réels du destinataire.

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Sur le quotidien des agents de crédit sur le terrain
Sur la journée type d’un agent de crédit
Sur les perspectives d’avenir de la profession (en anglais)

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1 Commentaire

  • Répondre Henri Joel Ebongue 27 novembre 2017 à 15 h 03 min

    Métier passionnant, stratégique et sensible… Il n’est pourtant pas encore mis dans le groupe d’emplois traditionnellement connus car peu ou mal connu. Cependant l’agent de crédit est désormais au début du processus de croissance et des métamorphoses sociales des sociétés en développement. Au Cameroun où je travaille comme Agent de crédit (à ACEP-Cameroun, puis à la MIGEC Finance S.a), l’agent de crédit que je suis a vu de nombreuses familles intégrer le stade économique de la classe moyenne et même de nouveaux riches. Mais l’agent de crédit reste discret et modeste dans son travail de d’intermédiaire.

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