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Journal de bord Equatorien et Babyloanien

Nous vous invitons à lire ce carnet de voyage rédigé par Aurélie, fondatrice de Babyloan, actuellement en Amérique Latine avec Julia, responsable du pôle IMF. Parties quelques semaines à la rencontre de nos partenaires et des micro-entrepreneurs soutenus sur Babyloan, elles nous racontent leur séjour.

Veuillez excuser la longueur de ce billet, mais la (non) connexion Internet ne nous permettait pas de poster des nouvelles petit à petit…et franchement on a l’impression de ne dire que le 1/100ème de ce qu’on voudrait. Cliquez sur « suite » pour voyager un petit peu avec nous !

Samedi 5 juin : Arrivée à 18h heure locale. Il est 1h du matin en France et on s’est levées à 5h la veille. Fatiguées (c’est ça de ne pas voyager en business…) mais excitées à l’idée de mieux connaître notre partenaire équatorien Cepesiu et surtout d’aller recueillir les témoignages des micro-entrepreneurs qui ont bénéficié d’un micro-crédit Babyloan. Le soir, on se promène un peu dans le quartier « las Amazonas » pour prendre la température. Julia prend sa 1ère Pilsener (bière équatorienne).

Dimanche 6 juin : on fait les touristes, en route pour Otavalo, l’un des plus grands marchés artisanaux des Andes. Et j’en profite pour aller dans les communautés indigènes à côté pour saluer les compañeras avec qui j’ai travaillé il y a 6 ans. Les choses ont bien changé, économiquement – la région s’est développée grâce au tourisme – et aussi culturellement, les populations indigènes portent des jeans et la nouvelle génération ne parle presque plus le quichua….mais c’est bon d’être ici.

Lundi 7 juin : lever 6h, la journée est chargée. On commence par un audit de notre institution partenaire Cepesiu : présentation de l’équipe, réunion de travail, définition de la collaboration à venir. Déjeuner. Je précise parce que c’est important. J’avais oublié à quel point manger ponctue la journée en Equateur et comment cette activité revient à peu près toutes les 2 heures, maximum.
L’après-midi, on rend visite aux micro-entrepreneurs de Quito : Marcia Marcillo Tipan réputée pour sa cuisine de la côte en plein cœur de Quito, Leonor Mercedes Masian préparatrice de « batidos completos » – qui bien évidemment, nous en offre un 1h à peine après le déjeuner (pour que vous vous fassiez une idée, je pense que même Mike Tyson ne pourrait pas le finir s’il en prenait au petit déj) , Manuela Pilco qui s’est installée au mercado ChiriYaku pour vendre des articles de lingerie depuis que la politique municipale interdit les ventes ambulantes dans la zone où elle travaillait, Maria Chicaisa qui loue un petit bout de terrain de « tierra negra » pour fabriquer et vendre des briques…

Mardi 8 juin : départ à 6h30 pour Riobamba à 2h30 au sud de Quito, dans la Sierra…On s’arrête vers 8h dans un « restaurant-ferme » pour prendre un petit déjeuner , qu’on appellerait plutôt « énorme brunch » chez nous. On découvre des paysages andins magnifiques. On fait connaissance avec l’équipe de la branche locale de Cepesiu. Après notre réunion de travail, on part à la rencontre des bénéfi…. Nan, pardon.
On part manger un « hornado de chanchos » au marché. Enfin, vers 13h, nous partons à la rencontre des bénéficiaires de micro-crédits de Babyloan dans la province de Chimborazo : Manuel, artisan qui travaille la tagua (si, si vous savez ce que c’est, vous avez certainement déjà acheté une bague de Tagua sans le savoir) ; Raul, ébéniste, Segundo le cordonnier.

On finit la journée en beauté à « San Luis » avec la visite de la Sociedad Popular de Inversion (SPI) « Mujeres Solidarias » en VO, Association Populaire d’Investissement « Les femmes solidaires » en français. La SPI est un modèle – pensé et inventé par notre partenaire Cepesiu- de développement économique local porté et conduit par un groupe de personnes, souvent voisins, qui se sont réunis pour former une caisse communale de crédit, épargne et investissement pour les projets locaux. Les témoignages des 12 femmes, âgées de 20 à 72 ans, qui ont crée ce groupe « mujeres solidarias » fait chaud au cœur et nous encourage dans la voie du micro-crédit que Babyloan a choisi. Elles ont commencé cette micro-banque communautaire avec 120$ il y a un an – en mettant 10$ chacune- Chaque mois, elles épargnent chacune 5$, augmentant ainsi le capital disponible pour faire des micro-crédits aux personnes de leur quartier qui en ont besoin, de 20$, 25$ ou 50$ à 3% mensuel pour les femmes du groupe, 4% pour les autres. Leur capital est d’aujourd’hui de 1200$, mais ce qui compte pour elles, c’est surtout d’avoir pu s’entraider, participer au développement du quartier et avoir un projet ensemble.

Mercredi 9 juin : notre séjour équatorien atteint son paroxysme…On se lève à 6h…bizarrement. Le voyage sera long pour monter jusqu’à 4000 mètres et arriver à Ozogoche Alto où Cepesiu a appuyé la création et l’organisation d’une association de « queseros », producteurs de fromage. Il pleut, il fait froid(« chaï chaï » en quichua) mais les familles là haut nous accueillent tellement chaleureusement que « no importa ». Nous faisons la visite de 4 fromageries, les témoignages sont unanimes : commencer ce métier, recevoir des formations pour améliorer la qualité de leurs produits, signer des contrats avec des entreprises de distribution est un progrès qu’ils pensaient ne jamais pouvoir connaître…et parler de contrat avec des distributeurs me paraît encore irréaliste en l’écrivant quand on considère le milieu dans lequel ils vivent, isolés à plusieurs heures de tout, de vendeurs de bombonnes de gaz qu’ils consomment pourtant en 4 jours pour faire chauffer le lait !…Pourtant quand on leur pose la question « si vous aviez le choix de partir vivre ailleurs, que feriez-vous ? » Ils comprennent à peine la question, tellement la réponse (positive) est évidente.

Jeudi 10 juin : Devinez à quelle heure on se lève ? et oui, 6h30 ! En route pour la province de las Guayas. On commence tout de suite par la visite d’une SPI (mais si, souvenez-vous, mardi 8 juin), une Association Populaire d’Investissement. Celle-ci est dans le canton de Daule, s’appelle Prolica et est composée de producteurs de riz, qui se sont réunis pour mettre en commun leurs outils de production et pour pouvoir faire face aux piladoras (entreprises de traitement du riz)qui ne leur permettaient pas de tirer de bénéfices de leur récolte. On poursuit notre route jusque chez Olga Luzmila. Elle préfère nous recevoir dans la maison de son frère, juste à côté de la sienne, se montre très timide, chuchote. Elle nous avoue alors qu’elle a pris un micro-crédit pour lancer son activité de vente de porte à porte de vêtements…sans le dire à son mari, sinon il lui aurait pris l’argent. Elle doit aller vendre ses vêtements loin de son voisinage…Et à crédit car c’est la seule façon de vendre dans le coin. Olga Luzmilla nous donne une bonne leçon de ce qu’est la prise de risque et l’entrepreneuriat, mais le micro-crédit et l’activité qu’elle a pu commencer avec, lui permet de gagner un peu d’argent pour entretenir sa maison, de l’indépendance et beaucoup d’estime de soi. Après le déjeuner (ceviche de camaron avec des patacones, hmm, rico) et une pause dessert 30 minutes plus tard, nous rendons visite à deux micro-entrepreneuses au parcours similaire. Clemencia et Blanca sont maîtresses d’école le matin mais ont besoin de compléter leurs revenus pour leur famille (parents et enfants) grâce à leur activité de vente de cosmétiques et services de maquillage l’après midi.

Vendredi 12 juin : Nous retournons à Quito pour la réunion finale avec Cepesiu définissant les grandes lignes stratégiques de la continuation de notre partenariat. Nous avons particulièrement défini un mode opératoire de mesure de l’impact du micro-crédit via l’élaboration d’un nouvel outil que Babyloan a pensé en collaboration avec les IMF partenaires. Bien sûr, on regarde la France ne pas mettre de goal dans les cages uruguayennes..bon au moins, on n’a pas pris de but. Le soir, soirée de despedida…ça c’est off !

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