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Une nouvelle forme d’économie de transfert pour les diasporas

Les études le confirment : les envois de fonds des travailleurs émigrés vers leur pays d’origine représentent des sommes conséquentes ; transferts qui sont malheureusement trop peu employés à l’arrivée dans une optique de développement. Selon les spécialistes de la microfinance, le financement participatif pourrait combler ce vide. Babyloan et le FIDA s’associent donc pour proposer spécifiquement aux diasporas installées en France une nouvelle plateforme de microcrédit à destination de leur région d’origine.

Credit Data courtesy Marc Imhoff of NASA GSFC and Christopher Elvidge of NOAA NGDC. Image by Craig Mayhew and Robert Simmon, NASA GSFC. This image of Earth’s city lights was created with data from the Defense Meteorological Satellite Program (DMSP) Operational Linescan System (OLS). Originally designed to view clouds by moonlight, the OLS is also used to map the locations of permanent lights on the Earth’s surface. The brightest areas of the Earth are the most urbanized, but not necessarily the most populated. (Compare western Europe with China and India.) Cities tend to grow along coastlines and transportation networks. Even without the underlying map, the outlines of many continents would still be visible. The United States interstate highway system appears as a lattice connecting the brighter dots of city centers. In Russia, the Trans-Siberian railroad is a thin line stretching from Moscow through the center of Asia to Vladivostok. The Nile River, from the Aswan Dam to the Mediterranean Sea, is another bright thread through an otherwise dark region. Even more than 100 years after the invention of the electric light, some regions remain thinly populated and unlit. Antarctica is entirely dark. The interior jungles of Africa and South America are mostly dark, but lights are beginning to appear there. Deserts in Africa, Arabia, Australia, Mongolia, and the United States are poorly lit as well (except along the coast), along with the boreal forests of Canada and Russia, and the great mountains of the Himalaya.

Bien souvent motivés par des raisons pécuniaires, les mouvements humains charrient d’inévitables flux financiers. Parmi ceux-ci, un genre bien particulier d’échanges internationaux, fondés sur les transferts d’argent de travailleurs émigrés vers leur pays d’origine et sans contrepartie tangible. Malgré son importance croissante, le phénomène des économies de transfert n’a pourtant été véritablement étudié et pris en compte qu’à partir du milieu du XXe siècle, dans le sillage de la décolonisation et des premières migrations économiques à destination des pays industrialisés.

État des lieux des économies de transfert :

La liste des principaux destinataires d’envois de fonds brosse un tableau intéressant pour l’année 2016. D’après les données de la Banque mondiale, l’Inde (62,7 milliards de dollars annuels) et la Chine (61) font la course en tête, grâce à leur poids démographique et à leurs diasporas conséquentes. Terres d’émigration moins peuplées, les Philippines (29,9), où intervient Babyloan, et le Mexique (28,5), se classent respectivement troisième et quatrième. Plus globalement, le montant total des envois de fonds dans le monde aura encore augmenté de 3,3 % à 444 milliards de dollars en 2017[1].

Cependant, ces chiffres prennent une toute autre dimension si l’on tient compte du poids des envois de fonds dans l’économie d’arrivée. Avec 34,5 % de son PNB, le Kirghizistan est premier, suivi du Népal (29,7 %) et du Libéria (29,6 %). En ce qui concerne nos pays d’intervention, Haïti (27,8 %) se classe quatrième et le Honduras (18,4 %) dixième[2]. Ces données mettent en évidence un atout non négligeable, quoiqu’insuffisamment exploité, pour les pays en voie de développement.

Lorsqu’ils sont mobilisés dans une optique productive au sein des pays d’arrivée, les transferts participent en effet d’une redistribution horizontale, d’une forme de solidarité ordinaire aisée à pratiquer puisqu’elle repose sur un nombre de membres certes important mais modérément mis à contribution à l’échelle individuelle. Dans les zones concernées, la responsabilité et l’initiative du développement n’incombent donc plus seulement aux pouvoirs publics. Elles peuvent également engager d’autres parties prenantes, telles que les acteurs privés, les diasporas et bien évidemment les populations locales elles-mêmes.

Le potentiel du financement participatif :

Dans les faits, malheureusement, une grande partie des fonds de transfert n’est pas investie dans des activités dites productives, faute de structures et d’offres adéquates. La Banque africaine de développement notait déjà en 2007 que ces flux étaient consacrés pour l’essentiel aux dépenses courantes de consommation, de santé et d’éducation. Trop peu d’investissements d’émigrés à long terme, entre 15 et 40 % seulement, étaient à signaler à destination des quatre pays étudiés (Maroc, Sénégal, Mali et Comores)[3].

À cet égard, la Banque mondiale a souligné le grand potentiel du financement participatif dans la mise en place de projets de développement. Elle évalue les fonds qui pourraient être levés de la sorte à 96 milliards de dollars d’ici 2025[4]. Parallèlement, l’ONU souligne que les transferts de fonds des travailleurs émigrés représentent quatre fois le montant global de l’aide publique au développement[5]. Le nouveau projet de Babyloan s’inspire de ces deux constats pour proposer aux migrants installés dans les pays développés une autre forme d’économie de transfert, la plus fructueuse possible pour les régions de départ.

Notre projet à destination des diasporas :

En partenariat avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l’ONU, notre idée repose sur la mobilisation des ressources des diasporas, via une nouvelle plateforme de financement participatif solidaire. Le but poursuivi sera de soutenir la création d’entreprises dans des régions où l’accès au crédit n’est pas toujours facile, en capitalisant les flux émanant des communautés émigrées. À l’instar de notre offre classique, les migrants auront la possibilité de prêter de l’argent à un entrepreneur de leur pays d’origine, et bien entendu de récupérer leur mise une fois le projet soutenu entièrement financé.

La mise en place est déjà bien entamée. Après une étude de marché nous confirmant la faisabilité de nos objectifs ainsi que l’intérêt des diasporas concernées, nous avons mené une série d’ateliers de réflexion en compagnie d’une communauté installée en Île-de-France. Parmi les préoccupations exprimées figuraient principalement la traçabilité des fonds investis, le taux de remboursement et le respect de la réglementation en matière de taux d’usure de la part des IMF. Autant de garanties que Babyloan est en mesure d’apporter.

Rétrospectivement, l’idée de mettre à profit les ressources des diasporas n’est pas neuve en soi : l’Espagne s’y est déjà attelée, avec un certain succès. Parmi tant d’autres cas au début du XXe siècle, c’est par exemple une association d’Espagnols établis à Cuba qui a financé la construction de dix-huit écoles dans leur commune d’origine de Boal, dans les Asturies. L’analphabétisme y a pratiquement été éradiqué dès cette époque, précisément grâce à la contribution des émigrés[6]. Voilà qui plaide pour l’optimisme et montre que les pays en voie de développement d’aujourd’hui ont sans doute les moyens de leurs ambitions.

 

[1] Banque mondiale et KNOMAD, Migration and Remittances: Recent Developments and Outlook, 2017, http://pubdocs.worldbank.org/en/992371492706371662/MigrationandDevelopmentBrief27.pdf, p. 3

[2] Banque mondiale et KNOMAD, Op. cit.

[3] Banque africaine de développement, Les transferts des fonds des migrants, un enjeu de développement, 2007, https://www.afdb.org/fileadmin/uploads/afdb/Documents/Publications/70000012_FR_Transfert%20des%20fonds%20FR.PDF, p. 11

[4] infoDev, Crowdfunding’s Potential for the Developing World, 2013, http://www.infodev.org/infodev-files/wb_crowdfundingreport-v12.pdf, p. 10

[5] ONU, Tirer parti de la migration et des transferts de fonds pour le développement, 2013, https://unchronicle.un.org/fr/article/tirer-parti-de-la-migration-et-des-transferts-de-fonds-pour-le-d-veloppementnt

[6] Iñigo MORÉ, Emigrantes construyendo las escuelas: la primera política oficial de codesarrollo con el Real Decreto del 17 de diciembre de 1922, 2010, http://www.remesas.org/files/WP4_invenci_n_codesarrollo_ST.pdf, p. 9

 

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1 Commentaire

  • Répondre MBAE 18 août 2017 à 19 h 42 min

    Bonjour,
    votre article repose sur une étude personnelle que j’ai mené auprès de la diaspora comorienne et auprès de la population locale plus particulièrement auprès des populations rurales. il faut savoir qu’aujourd’hui la diaspora comorienne représente environ 450 000 en France et participe à hauteur de 30 % du PIB . Apres avoir identifier les besoins et les ressources de financements pour accompagner des micro projets dejà identifiés sur le terrain, je suis à la recherche d’un organisme comme le votre pour jouer les inter-faces dont je serai ravis de vous rencontrer pour vous présenter le projet dans sa globalité.

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