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Un projet minier controversé au Pérou

Suite aux manifestations contre le projet minier Tia Maria, l’état d’urgence a été décrété au sud du Pérou, dans la province d’Islay, où se trouve Fondesurco, une de nos Institutions de Microfinance partenaires.

Manifestation dans les rue

Depuis 2009, les habitants de la région d’Arequipa s’opposent au chantier d’extraction de cuivre Tia Maria, situé dans la vallée d’El Tambo, une zone agricole au sud du Pérou. Beaucoup d’agriculteurs de Fondesurco (notre IMF partenaire) vivent dans cette région et sont donc directement impactés par ce futur chantier qui présente de nombreux risques environnementaux. La plupart des paysans ont d’ailleurs arrêté de travailler pour montrer leur désaccord face au projet Tia Maria. Alejandro, notre bénévole actuellement en mission chez Fondesurco, nous rapporte que les agences Fondesurco de Cocachacra et de la Punta de Bombon ont été affectées par la grève générale.

Soutenu par le gouvernement péruvien et développé par la firme Southern Peru (filiale de la compagnie mexicaine Southern Copper), le projet minier prévoit officiellement d’exploiter deux sites de cuivre à ciel ouvert mais on sait que la vallée est également pleine d’or. L’impact écologique de ce chantier minier est fortement controversé par la population locale qui craint des conséquences très néfastes sur l’environnement. La firme Southern Copper a d’ailleurs plusieurs fois été jugée pour des cas de pollution massive aux États-Unis et plus récemment pour corruption en Espagne. Ainsi, depuis la fin du mois de mars, les manifestations se sont multipliées dans le sud du pays.

Manifestation-Maria-Tia

Les agriculteurs organisent des grèves générales et des barrages routiers, et les protestations paralysent la construction du site depuis 2011. Les affrontements entre la police et les manifestants ont fait quatre morts et plusieurs blessés. Le 22 mai dernier, le gouvernement péruvien a déclaré l’état d’urgence pour 60 jours dans la province d’Islay. D’après Alejandro, il est à présent interdit de manifester dans le district d’Islay et dans la ville de Cocachacra. De plus, l’intensification des conflits sociaux autour du projet Tia Maria préoccupe la classe politique et le secteur minier qui s’inquiètent pour les investissements dans ce secteur clé de l’économie péruvienne.

Selon les agriculteurs, accusés de « terrorisme antiminier », le projet polluera et mettra en danger la vallée d’El Tambo, située à proximité de la mine. D’après les ONG locales, près de 500 millions de tonnes de déchets seront produites durant la période d’exploitation et les particules de poussière chargées de produits chimiques contamineront les champs de cette région. Les manifestants critiquent également l’impact du projet sur les ressources en eau de la vallée d’El Tambo, située dans un milieu aride. En effet, celles-ci pourraient rapidement manquer à l’agriculture locale. L’enjeu économique est important pour le gouvernement péruvien car le chantier minier permettra la création de 3 500 emplois et contribuera au développement de la région d’Arequipa grâce à la construction de plusieurs infrastructures.

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