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Women Take the Micro de retour de leur mission terrain

Nous avons déjà parlé de l’association Women Take the Micro lors de la fin de leur Défi solidaire en partenariat avec la BRED et lors de leur rencontre avec Rosa Vilma au Pérou, micro-entrepreneuse qu’ils avaient soutenue pendant le Défi et qu’ils ont rencontrée pendant leur mission terrain auprès de notre partenaire EDAPROSPO cet hiver.

Nous les avons rencontrés de retour de leur mission terrain. Jean et Nicolas, deux étudiants de l’ESCP faisant partie de l’association ont fait le déplacement sous la pluie jusqu’à Malakoff pour partager ces mois intenses avec nous.
Women Take the Micro a été créée en 2011 avec le but de promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans les pays en voie de développement en proposant des formations professionnelles et un accompagnement technique à des femmes micro-entrepreneurs.

C’est pourquoi l’équipe d’étudiants est partie pendant 6 mois à la rencontre de micro-entrepreneuses dans 3 pays différents : Sénégal, Pérou et Cambodge. Pour cela ils se sont appuyés sur des Institutions de Micro-Finance locales qui les ont mis en contact avec les micro-entrepreneuses. Au Pérou ils travaillaient avec les micro-entrepreneuses d’Edaprospo, notre partenaire terrain depuis 2010.

Leur objectif était de participer aux formations des micro-entrepreneuses, Jean nous explique : « Nous nous sommes beaucoup formés avant notre départ, pour essayer de nous préparer au mieux et de pouvoir anticiper au maximum tout ce à quoi nous aurions pu faire face une fois sur place ».

Une fois sur place l’équipe partait à la rencontre des micro-entrepreneuses inscrites au programme et réalisait des entretiens d’  »audit » visant à mieux comprendre leurs attentes et leurs besoins en termes de formations. Nicolas nous raconte : « Une fois sur place nous nous sommes aussi rendus compte qu’il était plus efficace d’organiser des formations de groupe, car les micro-entrepreneuses se sentaient plus à l’aise et plus libres d’intervenir et de partager ».

Leurs plus beaux moments

Au Pérou ils habitaient dans un petit village, Marachanca, où ils suivaient, entre autres, une grande communauté de floriculteurs. Jean nous décrit : « A Marachanca presque tout le village vit de floriculture, mais, comme ils cultivaient individuellement, les intermédiaires étaient trop puissants et en profitaient en imposant leurs conditions et leurs prix. Nous avons aidé les floriculteurs à s’organiser en comités de producteurs afin de pouvoir court-circuiter les intermédiaires. C’est ainsi qu’ils ont fondé « L’Association des agriculteurs de la communauté de Marachanca ». C’est d’ailleurs une micro-entrepreneuse d’Edaprospo qui a été élue Présidente.


Cette nouvelle association leur a permis d’augmenter leur poids lors des négociations, de se lancer dans la vente directe et  d’accéder à des programmes de formations en agronomie financés par l’Etat qui sont prévus pour les associations et les comités. Nous les avons aussi aidés à mettre en place un accord avec un Institut Agraire à proximité pour que des étudiants aillent leur dispenser des cours. »

Nicolas a lui été marqué par l’histoire de Ki au Cambodge, qui ne faisait pas partie du programme au début mais a demandé à l’intégrer après en avoir entendu parler. « Ki travaillait dans une usine de couture, elle gagnait très peu : tous les 10 pantalons cousus elle touchait à peine 0,50$.
Sa motivation et sa détermination nous ont permis de l’aider à ouvrir un magasin de produits de première nécessité.
Cela lui a permis de changer son statut social, elle s’est relogée pour pouvoir ouvrir son magasin et elle ne travaille plus dans l’ombre !  Cela lui a aussi permis d’envoyer son enfant ainé à l’école. De voir tout le chemin que cette femme a fait en à peine quelques mois nous a vraiment bouleversés ! ».

Jean nous amène quant à lui au Sénégal retrouver Khady, qui ne savait ni lire ni écrire quand ils l’ont rencontrée. « Khady a un commerce : elle vend des ‘kits de séduction’. Elle savait donc compter l’argent, mais elle ne savait pas lire ni écrire les chiffres. Quand elle était petite ses parents ne l’avait pas envoyée à l’école, ils n’en voyaient pas le but. Même consciente que cela lui aurait été utile pour son travail, elle n’avait ni les moyens, ni le temps de prendre des cours particuliers. Quand nous avons découvert tout cela nous avons décidé de lui apprendre à lire et écrire les chiffres. Cela a représenté pour elle un gain en assurance qui l’a beaucoup aidée dans son commerce. C’était un énorme accomplissement personnel ! »

Les plus beaux souvenirs de ces mois restent donc liés à toutes ces belles histoires d’hommes et de femmes, qui s’engagent pour qu’un jour, comme le dit M. Yunus :

« The place of poverty will be in museums ».

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